Le Milieu Corse

Le Milieu Corse
Les Parrains corses ont tenu le haut du pavé du banditisme français depuis le début des années 1930. Mais ils n'étaient pas considérés comme des mafieux, au sens sicilien. En revanche, depuis la fin des années 1970, avec la naissance d'un groupe dominant la Haute-Corse, ils réunissent quelques caractéristiques d'une mafia. A savoir une structure organisée, un sanctuaire géographique, une emprise sur la démocratie locale, la gangrène de l'économie et l'impunité par rapport aux machines judiciaire et policière. Ainsi, pour reprendre l'expression des auteurs du livre " Les Parrains Corses ", les gangsters corses se sont "hissés au rang d'autres grandes organisations criminelles internationales".

Il existe en fait deux époques dans l'histoire du Milieu insulaire : La première, où les caïds prospèrent à l'extérieur, et la seconde, où ils s'établissent en Corse. La première est marquée par des voyous qui sont en fait des exilés d'une île pauvre et trop souvent conquise, habitués à définir leurs propres règles. Ils s'installent dans les colonies, aux quatre coins du monde, et ont des capacités à jouer les passeurs. Ils prennent aussi pied dans un port, Marseille, première ville corse de France, et se lancent dans le proxénétisme. Paul Carbone a été le premier grand Parrain français. C'est un ancien marin des Messageries qui a fait la guerre de 14. Proxénète, il s'allie avec un Italien, François Spirito, né à Marseille. L'Italien et le Corse, c'est l'alliance magique de deux mentalités. Ils vont vite comprendre que, pour gérer la prostitution, le racket, le trafic de parmesan et de cigarettes, le trucage des matchs de boxe il faut une assise politique. Ils se lient à un adjoint au maire de Marseille, Simon Sabiani. Seulement, pendant la guerre de 40, Spirito et Carbone choisissent le camp de la collaboration. En effet, bien des voyous vont rejoindre le sinistre 93, rue Lauriston, siège de la Gestapo : «pillage des biens juifs, chasse aux patriotes, lutte contre les maquisards étaient les moindres actions de cette équipe de tueurs à la solde des Allemands qui les chargeaient des hautes et des basses oeuvres de leur justice : enlèvements, exécutions, disparition des traces des crimes». Quelques Corses, dont Joseph Orsini, dit «le Sanguinaire» et qui deviendra, après guerre, un des piliers du trafic de drogue, sont de la partie. Des résistants corses tentent d'abattre Carbone. La tentative échoue. Lorsqu'il est tué dans le déraillement d'un train saboté par la Résistance, l'ambassadeur allemand Otto Abetz assiste aux funérailles, aux côtés de Mistinguett éplorée quand «Tino Rossi entonne l'Ave Maria de Gounod et l'Ajaccienne». En face d'eux, les Guérini, ont pris l'option de la Résistance. Mémé Guérini «ira jusqu'à attaquer un camion pour libérer une jeune juive âgée de 12 ans». Les Guérini vont profiter de la mort de Carbone, en 1943, et de la fuite de Spirito et de Sabiani en Amérique. Après guerre, ils se mettent dans les rangs de la SFIO et forment les gros bras pour les campagnes électorales.

Vint ensuite l'époque de la fameuse French Connection. Comme nous l'évoquions dans l'article sur la French, ce qu'on a appelé la French connection était une Corsican connection: toute la filière française de l'héroïne était tenue par des Corses. Les Américains et les Français l'ont su dès le début des années 1950. Mais elle a prospéré pendant vingt ans, avant qu'on s'y attaque sérieusement. En effet, la législation ne punissait que de cinq ans de prison le trafic de drogue. Il faudra attendre la loi de 1970 pour obtenir des peines plus sévères. De plus, les Corses ont des amis gaullistes au pouvoir - un conseiller du ministre de l'Intérieur, par exemple. Pour anecdote, des policiers français anonymes écrivent à Edgar Hoover, patron du FBI : «Nous, policiers considérés comme des marionnettes, croyons qu'il est temps d'éclairer vos dirigeants (...). La Mafia a des soutiens dans toute l'administration (...). Nos collègues affirment que la police de Marseille, Lyon, Nice, Avignon, est contrôlée par la Mafia ou que des hauts fonctionnaires protègent systématiquement les membres de la Mafia.» De son côté, dans une note à l'ambassadeur américain en France, l'agent John T. Cusack explique : «A Marseille et à Paris, avec moins de vingt agents permanents assignés à la lutte contre les stupéfiants (...), la police judiciaire ne peut se battre contre le milieu corse, (...) qui produit (...) 150 kg d'héroïne par mois pour les (...) Etats-Unis.» Les Guérini, Paul Mondoloni, Gaétan Zampa évoluent souvent à proximité immédiate d'élus, notamment du maire de Marseille, Gaston Defferre. Et puis, en 1969, Nixon écrit à Pompidou, qui vient d'être élu, et lui dit que ça ne peut plus durer. Le ministre de l'Intérieur de l'époque, Raymond Marcellin, qui n'est pas gaulliste, expédie des policiers à Marseille. Quelques figures du milieu tombent alors, dont Jean-Baptiste Croce. Ce «diplomate» de la Corsican connection avait navigué de La Havane à Palerme, en passant par le Canada. A ce moment-là, certains caïds prennent des coups; d'autres s'éloignent de la drogue ou se mettent en cavale. C'est le cas d'un personnage central, que les médias considèrent aujourd'hui comme le Parrain de la Corse du Sud: J.G.C.

Ce personnage s'avérera finalement être un « homme charnière » entre les deux époques que nous évoquions plus haut. Il est d'abord l'héritier du système marseillais, de la «French Corsican connection». Il y a fait ses armes. En cavale pendant dix ans, il s'appuie sur cette fameuse diaspora corse qui permet à un caïd ou à un truand corses de vivre tranquillement pendant des années à l'étranger. Ce personnage incarne ensuite la nouvelle époque, le repli sur l'île. Ce n'est pas un Parrain à la mode sicilo-américaine. Il est surtout un chef de clan. Le lien de dépendance avec son entourage est plus compliqué. Quand il parle de ses amis, il existe trois degrés de dépendance: il y a l'ami d'enfance, l'ami du même village et l'ami tout court! Des liens d'obligeance qui tiennent aux services rendus. Sa situation judiciaire est aussi particulière. Il a été condamné en première instance, mais n'a pas été jugé en appel. Cette bizarrerie - l'action publique est prescrite - lui a permis de rentrer tranquillement chez lui après sa cavale. Un disfonctionnement qui montre à quel point certains ont des relais haut-placés.

Parallèlement à celui que les médias et la justice considère comme le tenant de la Corse du Sud, un autre groupe marquera la transition entre l'ancien et le nouveau Milieu corse : Un gang, nommé la Brise de Mer, dont les membres sont considèrés par certains comme les patrons de la Haute-Corse. Cette bande a été constituée par un groupe de jeunes, à la fin des années 1970, qui a scellé un pacte, suffisamment puissant pour qu'il tienne jusqu'à aujourd'hui. Ils étaient neuf ou dix, pas plus. Le point fort de ce groupe tient d'abord à l'indéfectible solidarité de ses membres. Seconde règle: l'organisation ne délègue jamais. Ses membres font parfois appel à des gens extérieurs, mais ils contrôlent toujours leurs coups de A à Z. Le braquage «fondateur», ce serait le casse du Crédit lyonnais, qui se déroule un week-end de Pâques 1982, à Bastia. Autre épisode décisif: le procès de Dijon. Un procès qui fait suite à un meurtre commis en 1982, lors de la lutte qui oppose les anciennes équipes de Haute-Corse aux jeunes du gang en question. Les présumés tueurs sont arrêtés, mais le procès est dépaysé à Dijon pour empêcher les pressions. Finalement, les trois prévenus sont acquittés. Cet acquittement est apparu en Corse comme la preuve de l'impunité de la bande. L'équipe passe alors à l'échelon supérieur. Le 25 mars 1990, elle aurait braqué une succursale de l'UBS, à Genève. Un coup qui rapporte 120 millions de francs! Les relations entre les membres du gang et les nationalistes, dont le mouvement naît à peu près à la même époque, ne semblent pas fréquentes. Les voyous et les «natio» constituent en Corse deux pouvoirs qui ont délimité leur territoire. Selon les spécialistes, le gang a passé, au milieu des années 1980, un pacte avec les «politiques». «Si un problème survient, on le jouera à la sicilienne, c'est-à-dire qu'on ira chercher vos enfants et vos femmes.» Cet équilibre s'est bien incarné dans l'affaire des fourgons. A partir du moment où les nationalistes ont investi dans la sécurité privée, notamment dans le transport de fonds, les fourgons n'ont plus jamais été attaqués!

En fait, le Milieu a un véritable pouvoir de pression sur les politiques. Au sein de la collectivité territoriale, certains des élus, lorsqu'ils prennent une décision, tiennent compte des sphères d'influence exercés par certains groupes ou personnages. Cela ne signifie pas que tous les élus soient liés à ces divers groupes. Mais leur poids, selon les auteurs des « Parrains corses » , fait que certains élus, aujourd'hui, en Corse, doivent forcément prendre en compte les intérêts de ces groupes. Ainsi, cela peut compliquer la réalisation d'affaires, celles-ci pouvant nécessiter, là encore, une prise en compte de ces influences.



Article construit à partir d'une interview de Jacques Follorou et de Vincent Nouzille, les auteurs du livre « Les Parrains Corses ». Une interview réalisée par Jean-Marie Pontaut pour l'Express Livres.

Notez que cet article constitue un résumé du livre en question, lequel est disponible actuellement dans toute les bonnes librairies.


FOLLOROW Jacques & NOUZILLE Vincent, Les Parrains corses, Fayard, 2004.
# Posté le lundi 05 septembre 2005 18:44
Modifié le vendredi 25 mai 2007 03:42

Origines du mot "mafia"

Origines du mot "mafia"
Pour apporter quelques éléments de réponse au "débat" lancé dans les commentaires de l'article ci-dessous...


plusieures hypothèses sur l'origine du mot "mafia":

- elle provient peut être du vieux mot toscan "maffia" qui signifie "misère". Mais l'orthographe "maffia" n'est pas d'usage sicilien.

-elle provient peut être d'un nom de lieu (champ de courses? région riche en cavernes des environs de Trapani?)

-elle provient peut être de la lutte au IXe siècle entre une organisation armée secrète en lutte contre des conquérants. Ces derniers, dit-on, qualifiaient de mafiosi les rebelles à leurs loi.

-Le mot pourrait encore venir de "mahias" (vantard) ou de "magtaa" (caverne). Pour le conquérant, le mafioso était irritant, orgueilleux, habile à se cacher dans des cavernes

-Origine arabe? rapprochement avec une incantation arabe "mu-afy", utilisée pour se protéger contre la "mort rodant la nuit" ainsi qu'avec l'expression "mu-afah", protection des faibles.

-source dictionnaire sicilien-italien publié en 1868 par traina: mafia serait, je cite, "un néologisme désignant toute manifestation de bravarde et d'audace".

-selon l'ouvrage de mortillaro (1876):mafia a une origine piémontaise: le mot serait synonyme de camorra, le syndicat du crime napolitain.

-Mosca admet la coexistence de deux sens: l'un désignant une attitude chère aux classes populaires de la vieille sicile et survivant toujours, l'autre évoquant de petites bandes locales utilisant la violence privée pour régler leurs différends ou assurer la domination socio-politique de leurs clients ou amis. L'esprit de mafia commence à entretenir des liens plus ou moins nets avec les criminels professionnels. Il s'agit de formes subtiles de relations entre politique et crime organisé

-Pitré identifie quant à lui mafia avec, je cite, "l'idée éxagérée de la force individuelle, arbitre unique de tout différend, conflit d'intérêts et d'idées. Ce qui entrainait une intolérance aigüe vis-à-vis de l'autorité"

-l'hypothèse que mafia tire son origine des cris d'une mère suite au viol de sa fille (mafia / ma fille) existe. J'ai en effet entendu parler de cette approche.

-Concernant la célèbre expression "morte alla Francia, Italia anela", il s'agirait (d'après la légende...), du cri de ralliement lors de la sanglante révolte contre les franconiens au XIII eme siècle.


Bref, difficile de faire la lumière sur l'étymologie de ce mot...



QUESTION: Quelqu'un sait-il depuis combien de temps et pourquoi le livre "LE BELGE - Tome 2" de T.Colombié n'est plus disponible à la vente? Etrange quand on sait que le tome 1 l'est toujours...
# Posté le lundi 22 août 2005 18:31
Modifié le vendredi 25 mai 2007 06:37

Les plus grands films de gangsters des sept dernières décennies

Les plus grands films de gangsters des sept dernières décennies
Classement chronologique



LITTLE CAESAR : E.-U. 1931. Drame policier de Mervyn Le Roy avec Edward G. Robinson, Douglas Fairbanks Jr. et Glenda Farrell. - L'ascension et la chute d'un chef de gang à l'époque de la prohibition.

THE PUBLIC ENEMY : E.-U. 1931. Drame policier de William A. Wellman avec James Cagney, Jean Harlow et Eddie Woods. - La carrière d'un gangster au temps de la prohibition.

SCARFACE : E.-U. 1932. Drame policier de Howard Hawks avec Paul Muni, Ann Dvorak et George Raft. - La vie et la mort d'un gangster américain à l'époque de la prohibition.

JUSTIN DE MARSEILLE : Fr. 1934. Drame policier de Maurice Tourneur avec Berval, Pierre Larquey et Alexandre Rignault. - Deux bandes de gangsters marseillais s'affrontent après que l'une d'elles se fut emparée d'une cargaison de drogue qui ne lui était pas destinée.

G-MEN : E.-U. 1935. Drame policier de William Keighley avec James Cagney, Ann Dvorak et Margaret Lindsay. - Les exploits d'un agent du F.B.I. qui connaît bien le monde de la pègre.

BULLETS OR BALLOTS : E.-U. 1936. Drame policier de William Keighley avec Edward G. Robinson, Humphrey Bogart et Joan Blondell. - Un policier entre dans une bande de criminels pour mieux les démasquer.

THE ROARING TWENTIES : E.-U. 1939. Drame policier de Raoul Walsh avec James Cagney, Humphrey Bogart et Priscilla Lane. - Durant la prohibition, un chauffeur de taxi croise le fer avec un ancien ami devenu chef de gang.

L'ÉNIGME DU CHICAGO EXPRESS, (The Narrow Margin) : E.-U. 1952. Drame policier de Richard Fleischer avec Charles McGraw, Marie Windsor et Jacqueline White. - Des gangsters tentent d'empêcher la veuve d'un des leurs de témoigner en justice.

LA POLICE EST SUR LES DENTS (Dragnet) : E.-U. 1954. Drame policier réalisé et interprété par Jack Webb avec Ben Alexander et Richard Boone. - Un inspecteur de police est chargé de mener une enquête sur l'assassinat d'un gangster.

TOUCHEZ PAS AU GRISBI : Fr. 1954. Drame policier de Jacques Becker avec Jean Gabin, René Dary et Jeanne Moreau. - Après avoir réussi un coup important, deux gangsters sont trahis par la maîtresse de l'un d'eux qui les dénonce à une bande rivale.

LE ROI DU RACKET (The Naked Street) : E.-U. 1955. Drame policier de Maxwell Shane avec Anthony Quinn, Farley Granger et Anne Bancroft. - Un puissant gangster fait la pluie et le beau temps jusqu'au jour où il est traqué et abattu.

DU RIFIFI CHEZ LES HOMMES : Fr. 1955. Drame policier de Jules Dassin avec Jean Servais, Robert Manuel et Carl Mohner. - Des gangsters qui ont commis un vol audacieux dans une bijouterie ont maille à partir avec une bande rivale qui veut s'emparer du butin.

COUP MANQUÉ (The Killing) : E.-U. 1956. Drame policier de Stanley Kubrick avec Sterling Hayden, Coleen Gray et Vince Edwards. - Un ex-bagnard organise avec des complices un vol de deux millions de dollars dans un hippodrome.

BOB LE FLAMBEUR : Fr. 1956. Thriller de Jean-Pierre Melville avec Roger Duchesne, Isabelle Corey et Daniel Cauchy. - Un ancien gangster ruiné par le jeu met au point un cambriolage dans un casino.

L’ULTIME RAZZIA (The Killing): E.-U. 1957. Policier de Stanley Kubrick avec Sterling Hayden et Coleen Gray.- Une bande de gangsters organisent le hold-up de la caisse des paris lors d'une course de chevaux.

LA FIN D'AL CAPONE (Al Capone) : E.-U. 1958. Drame policier de Richard Wilson avec Rod Steiger, Fay Spain et James Gregory. - Histoire romancée d'un chef de gang de Chicago à l'époque de la prohibition.

LE TRAQUENARD (Party Girl) : E.-U. 1958. Drame policier de Nicholas Ray avec Robert Taylor, Cyd Charisse et Lee J. Cobb. - À Chicago, un avocat se met au service d'un chef de gang.

CLASSE TOUS RISQUES : Fr. 1959. Thriller de Claude Sautet avec Lino Ventura, Jean-Paul Belmondo et Sandra Milo. - Un gangster en fuite gagne Paris où il a maille à partir avec ses anciens amis.

LE COUP DE L'ESCALIER (Odds Against Tomorrow) : E.-U. 1959. Drame policier de Robert Wise avec Harry Belafonte, Robert Ryan et Ed Begley. - Un ancien policier organise un vol de banque.

LA CHUTE D'UN CAÏD (The Rise and Fall of Legs Diamond) : E.-U. 1960. Drame policier de Budd Boetticher avec Ray Danton, Karen Steele et Elaine Stewart. - La carrière d'un gangster des années 1920.

MÉLODIE EN SOUS-SOL : Fr. 1962. Thriller d'Henri Verneuil avec Jean Gabin, Alain Delon et Maurice Biraud. - Un gangster mûrissant met au point un vol important au Casino de Cannes.

SALVATORE GIULIANO : It. 1962. Drame social de Francesco Rosi avec Frank Wolff, Cicero Fernando et Salvo Randone. - La vie d'un célèbre bandit sicilien qui entretenait des relations troubles avec la mafia et la police.

BONNIE ET CLYDE (Bonnie and Clyde) : E.-U. 1967. Drame policier d'Arthur Penn avec Warren Beatty, Faye Dunaway et Michael J. Pollard. - La vie criminelle et aventureuse de Clyde Barrow et Bonnie Parker, qui cambriolaient des banques durant la Dépression aux États-Unis.

L'AFFAIRE AL CAPONE (The St. Valentine's Day Massacre) : E.-U. 1967. Drame de Roger Corman avec Jason Robards, George Segal et Ralph Meeker. - À Chicago, la rivalité entre deux bandes criminelles provoque des tueries.

LE POINT DE NON-RETOUR (Point Blank) : E.-U. 1967. Drame policier de John Boorman avec Lee Marvin, Angie Dickinson et Keenan Wynn. - Laissé pour mort après sa participation à un vol, un criminel cherche à récupérer sa part du magot.

LES FRÈRES SICILIENS (The Brotherhood) : E.-U. 1968. Drame de Martin Ritt avec Kirk Douglas, Alex Cord et Irene Papas. - Deux frères mêlés aux affaires d'un syndicat du crime en viennent à s'opposer.

LE CLAN DES SICILIENS : Fr. 1968. Drame policier de Henri Verneuil avec Jean Gabin, Alain Delon et Lino Ventura. - Un jeune bandit obtient l'aide d'une famille sicilienne de Paris pour voler une collection de bijoux exposés dans un musée de Rome.

BULLITT : E.-U. 1968. Drame policier de Peter Yates avec Steve McQueen, Robert Vaughn et Jacqueline Bisset. - Un lieutenant de police poursuit les meurtriers d'un gangster qu'il devait protéger.

L'OR SE BARRE (The Italian Job) : G.-B. 1969. Comédie policière de Peter Collinson avec Michael Caine, Noel Coward et Maggie Blye. - Un petit escroc anglais conçoit le projet d'un vol de quatre millions en lingots d'or à Turin.

BORSALINO : Fr. 1970. Drame policier de Jacques Deray avec Jean-Paul Belmondo, Alain Delon et Michel Bouquet. - Au début des années 1930, deux malfaiteurs se lient d'amitié et deviennent les rois de la pègre à Marseille. Film inspiré du parcours des Parrains marseillais Carbone et Spirito, d’après l’œuvre d’Eugène Saccomano « Bandits à Marseille ».

LA FILIÈRE FRANÇAISE (The French Connection) : E.-U. 1971. Drame policier de William Friedkin avec Gene Hackman, Roy Scheider et Fernando Rey. - Deux policiers new-yorkais dépistent une importante affaire de contrebande de drogue.

COSA NOSTRA: LE DOSSIER VALACHI : It. 1972. Drame policier de Terence Young avec Charles Bronson, Lino Ventura et Joseph Wiseman. - Un membre de la mafia accepte de témoigner devant une commission sénatoriale américaine.

LE PARRAIN (The Godfather) : E.-U. 1972. Drame de moeurs de Francis Ford Coppola avec Marlon Brando, Al Pacino et James Caan. - Malgré sa décision de ne pas se mêler aux affaires de la famille, le fils d'un chef de la mafia américaine finit pourtant par succéder à son père.

TUEZ CHARLEY VARRICK (Charley Varrick) : E.-U. 1973. Drame policier de Don Siegel avec Walter Matthau, Joe Don Baker et John Vernon. - Un voleur de banques est aux prises avec un tueur de la mafia.

DILLINGER : E.-U. 1973. Drame policier de John Milius avec Warren Oates, Ben Johnson et Michele Phillips. - En 1933, un agent du F.B.I. décide d'avoir la peau d'un des plus dangereux voleurs de banques de l'époque.

LUCKY LUCIANO : It. 1973. Drame biographique de Francesco Rosi avec Gian Maria Volonte, Rod Steiger et Charles Siragusa. - En 1946, un policier américain tente de réunir des preuves contre l'un des chefs de la pègre américaine déporté dans son Italie natale.

MEAN STREETS : E.-U. 1973. Drame social de Martin Scorsese avec Harvey Keitel, Robert De Niro et Amy Robinson. - Dans le quartier italien de New York, deux jeunes hommes sont mêlés aux activités de la mafia.

BORSALINO & CO. : Fr. 1974. Drame policier de Jacques Deray avec Alain Delon, Riccardo Cucciolla et Catherine Rouvel. - Ruiné par un gangster italien, un caïd marseillais s'enfuit en Italie puis revient au pays pour prendre sa revanche.

LA GAMMICK : Can. 1974. Drame policier de Jacques Godbout avec Marc Legault, André Guy et Pierre Gobeil. - Après avoir abattu un chef de la mafia, un criminel traqué entre en contact avec un animateur de "ligne ouverte" à la radio.

LE PARRAIN - 2e PARTIE (The Godfather - Part II) : E.-U. 1974. Drame de moeurs de Francis Ford Coppola avec Al Pacino, Robert De Niro et Diane Keaton. - L'ascension d'un Sicilien dans le monde américain du crime et la consolidation de son empire illégal par son fils.

THIEVES LIKE US : E.-U. 1974. Drame policier de Robert Altman avec Keith Carradine, Shelley Duvall et John Schuck. - En 1937, trois voleurs de banques sont séparés à la suite d'un hold-up et traqués par la police.

LES EGOUTS DU PARADIS : Fr. 1979. Policier de José Giovanni avec Jean-François Balmer, Francis Huster et Bérangère Bonvoisin.- Le 10 mars 1977, Albert Spaggiari,l'homme qui défraya la chronique quelques mois plus tôt en réussissant le casse du siècle à Nice, saute par la fenêtre du palais de justice et s'échappe à moto...

LE GRAND PARDON : Fr. 1982. Drame policier d'Alexandre Arcady avec Roger Hanin, Bernard Giraudeau et Jean-Louis Trintignant. - Un jeune truand ambitieux cherche à nuire à un Juif qui a pris le contrôle des rackets d'un quartier de Paris.

LE BALAFRÉ (Scarface) : E.-U. 1983. Thriller de Brian De Palma avec Al Pacino, Steven Bauer et Michelle Pfeiffer. - L'ascension fulgurante d'un expatrié cubain dans le milieu de la pègre de Miami. - Intrigue inspirée d'un classique des années 1930.

THE COTTON CLUB : E.-U. 1984. Drame de moeurs de Francis Ford Coppola avec Richard Gere, Gregory Hines et Diane Lane. - En 1928, diverses intrigues s'entrecroisent dans un cabaret populaire du quartier de Harlem à New York.

IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE (Once Upon a Time in America) : It. 1984. Drame de moeurs de Sergio Leone avec Robert De Niro, James Woods et Elizabeth McGovern. - L'ascension et la chute d'une bande de gangsters de New York.

L'HONNEUR DES PRIZZI (Prizzi's Honor) : E.-U. 1985. Comédie policière (parodie de film de gangsters) de John Huston avec Jack Nicholson, Kathleen Turner et William Hickey. - Un tueur à gages travaillant pour une famille de la pègre s'éprend d'une femme qui exerce le même métier que lui.

LES INCORRUPTIBLES (The Untouchables) : E.-U. 1987. Drame policier de Brian De Palma avec Kevin Costner, Sean Connery et Robert De Niro. - À Chicago en 1930, l'agent fédéral Eliot Ness est chargé de mettre fin aux activités du mafioso Al Capone qui dirige un vaste réseau de contrebande.

LE SICILIEN (The Sicilian) : E.-U. 1987. Drame social de Michael Cimino avec Christophe Lambert, Joss Ackland et Giulia Baschi. - En Sicile, dans les années 1940, un hors-la-loi marginal qui refuse de s'allier avec la mafia s'attire l'admiration du peuple qu'il défend contre les oppresseurs.

A BETTER TOMORROW II. H.-K. 1987. Drame policier de John Woo avec Ti Lung, Leslie Cheung et Chow Yun-Fat. - Un policier obtient la collaboration d'anciens gangsters, dont son propre frère, pour lutter contre des mafiosi.

THE KILLER : H.-K. 1989. Drame policier de John Woo avec Chow Yun-Fat, Danny Lee et Sally Yeh. - Un policier lancé aux trousses d'un tueur professionnel se retrouve mêlé à un affrontement entre celui-ci et un gangster.

LE PARRAIN 3 (The Godfather 3) : E.-U. 1990. Drame de moeurs de Francis Ford Coppola avec Al Pacino, Andy Garcia et Sofia Coppola. - Après avoir fait fortune grâce au crime, le parrain de la mafia américaine cherche à œuvrer dans la légitimité tout en étant secondé par un neveu impétueux.

LES ANGES DE LA NUIT (State of Grace) : E.-U. et G.-B. 1990. Thriller de Phil Joanou avec Ed Harris, Gary Oldman, Sean Penn. – Un flic revient dans le quartier dans lequel il a grandi pour tenter d'abolir la corruption et y retrouve son meilleur ami dont le frère est le plus gros racketteur du voisinage.

LES AFFRANCHIS (GoodFellas) : E.-U. 1990. Drame de moeurs de Martin Scorsese avec Ray Liotta, Robert De Niro et Joe Pesci. - Les succès et les revers d'un jeune mafioso de New York.

UN CADAVRE SOUS LE CHAPEAU (Miller's Crossing) : E.-U. 1990. Drame policier de Joel Coen avec Gabriel Byrne, Marcia Gay Harden et Albert Finney. - Après une liaison avec la maîtresse de son patron, le bras droit d'un magnat de la pègre se met au service d'un rival méfiant.

DICK TRACY : E.-U. 1990. Comédie policière réalisée et interprétée par Warren Beatty avec Madonna et Al Pacino. - Dans les années 1930, un détective lutte intrépidement contre la pègre qui infeste sa ville.

RESERVOIR DOGS
: E.-U. 1991. Drame policier de Quentin Tarantino avec Harvey Keitel, Tim Roth et Steve Buscemi. - Surpris par la police alors qu'ils cambriolent un diamantaire, cinq escrocs battent en retraite et en viennent à se soupçonner mutuellement de trahison.

LE GRAND PARDON 2 : Fr. 1992. Drame policier d'Alexandre Arcady avec Roger Hanin , Richard Berry et Gérard Darmon. - A sa sortie de prison, un voyou retrouve son fils Maurice, installé à Miami, qui trempe dans des affaires de drogue et prépare un gros coup.

À TOUTE ÉPREUVE (Hard Boiled) : H.-K. 1992. Drame policier de John Woo avec Chow Yun-fat, Tony Leung Chiu-Wai et Teresa Mo. - Afin de venger la mort de son partenaire, un policier collabore avec un collègue qui s'est infiltré chez des trafiquants d'armes pour abattre leur chef.

SANS REMISSION (American me) :E.-U. 1992. Drame de moeurs de Edward James Olmos avec Sal Lopez, Vira Montes et Roberto Martín Márquez.- Né dans le barrio de Los Angeles en 1943, Santana n'a connu que la force et la violence pour se faire respecter mais, avec son gang la Primera, il échoue a la prison de Folsom, ou il fait preuve d'une autorité impitoyable et d'où il continue à exercer un contrôle total sur le trafic de drogue, les jeux et la prostitution.

L'IMPASSE (Carlito's Way) : E.-U. 1993. Thriller de Brian De Palma avec Al Pacino, Sean Penn et Penelope Ann Miller. - À sa sortie de prison, un gangster se laisse entraîner par son avocat dans une sale affaire de règlement de comptes.

LES PRINCES DE LA VILLE (Blood in, blood out) : E.-U. 1993. Drame de moeurs de Taylor Hackford avec Damian Chapa, Jesse Borrego et Benjamin Bratt.- Le parcours, sur plusieurs années, de Paco, Cruz et Miklo, trois amis issus du quartier chicanos de Los Angeles que sépareront les guerres de clans...

PULP FICTION : E.-U. 1994. Drame de moeurs de Quentin Tarantino avec John Travolta, Bruce Willis et Samuel L. Jackson. - Deux tueurs à la solde d'un caïd de la drogue sont amenés à croiser les destins de divers personnages aussi louches qu'eux.

LEON: Fr. 1994. Drame policier de Luc Besson avec Jean Reno, Natalie Portman et Gary Oldman. - Un redoutable tueur à gages recueille une adolescente dont la famille a été décimée par un détective véreux et psychopathe.

IL ETAIT UNE FOIS LE BRONX : E.-U. 1994. Drame de moeurs de Robert De Niro avec Lillo Brancato, Robert De Niro et Chazz Palminteri.- L'histoire de la communauté italienne des années 60 dans le Bronx à travers les yeux de Calogero, neuf ans, qui hésite entre la vie de son père, honnête travailleur, et celle des mafiosi, qui semble plus prometteuse.

CASINO : E.-U. 1995. Drame de moeurs de Martin Scorsese avec Robert De Niro, Joe Pesci et Sharon Stone. - Les hauts et les bas d'un directeur de casino de Las Vegas au début des années 70.

THE USUAL SUSPECTS : E.-U. 1995. Policier de Bryan Singer avec Gabriel Byrne, Kevin Spacey et Benicio Del Toro.- Une légende du crime contraint cinq malfrats à aller s'aquitter d'une tâche très périlleuse, les survivants pourront se partager un butin de 90 millions de dollars.

SONATINE, MELODIE MORTELLE : Jap. 1995. Policier de Takeshi Kitano avec Takeshi Kitano, Aya Kokumai et Tetsu Watanabe.- Murakawa, vieux Yakuza un peu las, est le jouet de clans adverses qui veulent l'éliminer lui et ses hommes.

DILLINGER AND CAPONE: E.-U. 1995. Policier de Jon Purdy avec Martin Sheen, F. Murray Abraham et Catherine Hicks.- John Dillinger, l'ennemi public numéro un, officiellement abattu par le FBI, coule en réalité des jours paisible avec sa femme et son fils, jusqu'au jour où le mafieux Al Capone, libéré de prison, fait Kidnapper sa famille.

TENSION (Heat) : E.-U. 1995. Drame policier de Michael Mann avec Al Pacino, Robert De Niro et Val Kilmer. - Un détective met en branle une opération de surveillance afin de coincer une bande de voleurs habiles.

DONNIE BRASCO
: E.-U. 1997. Drame policier de Mike Newell avec Johnny Depp, Al Pacino et Michael Madsen. - Un agent du FBI s'infiltre dans les rangs de la mafia new-yorkaise en gagnant la confiance d'un gangster expérimenté.

HANA-BI : Jap. 1997. Drame de mœurs de Takeshi Kitano avec Takeshi Kitano, Tetsu Watanabeet Kayoko Kishimoto.- Un détective quitte la police et va commettre un hold-up pour soulager les misères de ceux qui l'entourent mais la sérénité du dernier voyage qu'il entreprend avec sa femme, vers le mont Fuji, va être brisée par l'arrivée de Yakusas vengeurs.

DERNIER RECOURS (Last man standing) : E.-U. 1997. Policier de Walter Hill avec Bruce Willis, Bruce Dern et Christopher Walken.- A l'époque de la prohibition, deux familles rivales se mènent une guerre sans merci dans une ville du Texas, passage obligé de l'alcool de contrebande qui arrive par camions entiers du Mexique.

ARNAQUE, CRIME ET BOTANIQUE : G.-B. 1998. Comédie noire de Guy Ritchie avec Jason Flemyng, Dexter Fletcher et Nick Moran. – Eddy a une semaine pour amasser le demi million qu’il doit a un organisateur de parties de cartes avant qu'il ne perde ses doigts un par un.

LE GANG DE NEWTON: E.-U. 1998. Drame de moeurs de Richard Linklater avec Matthew McConaughey, Skeet Ulrich et Ethan Hawke. - Quatre frères se reconvertissent en bandits de grand chemin pour former le "Gang de Newton" et réaliser l'une des plus spectaculaire attaque de l'histoire des Etats-Unis.


LES SEIGNEURS DE HARLEM : E.-U. 1998. Policier de Bill Duke avec Andy Garcia, Tim Roth et Laurence Fishburne.- Bumpy JOHNSON règne sur l'industrie du racket à Harlem mais lorsque le terrible Dutch SCHUTZ menace son pouvoir par une série d'attaques sanglantes, Bumpy comprend vite que la seule manière de gagner est de jouer le jeu de la violence.

MAFIA : LA TRAHISON DE GOTTI : E.-U. 1998. Thriller de Thaddeus O'Sullivan avec Tom Sizemore , Nicholas Turturro et Abe Vigoda.- L’évolution d’un porte flingue dans le sillage du célèbre Parrain John Gotti.

GHOST DOG: LA VOIE DU SAMOURAÏ (Ghost Dog: The Way of the Samurai) : E.-U. 1999. Drame policier de Jim Jarmusch avec Forest Whitaker, John Tormey et Cliff Gorman. - Après un contrat qui a mal tourné, un tueur à gages qui vit selon les préceptes des anciens samouraïs devient la cible d'un clan mafieux.

SNATCH : G.-B. 2000. Comédie policière de Guy Ritchie avec Jason Statham, Dennis Farina et Brad Pitt. - Le vol d'un diamant et la tenue d'un combat de boxe clandestin donnent lieu à divers affrontements et règlements de comptes entre gangsters.

ANIKI, MON FRERE (Brother) : Jap. 2000. Policier de Takeshi Kitano avec Takeshi Kitano, Omar Epps et Claude Maki.- Pour ne pas se soumettre au clan qui a tué son boss, un yakuza de Tokyo retrouve son jeune demi-frère à Los Angeles, un dealer qui le présente à sa bande.

GANGSTERS : Fr. 2001. Policier de Olivier Marchal avec Richard Anconina et Anne Parillaud.- Cinq policiers sont chargés de l'enquête sur un hold-up sanglant mais parmi eux se trouvent deux ripoux prêts à tout pour récupérer les 100 millions de francs en diamants bruts.

LES SENTIERS DE LA PERDITION : E.-U. 2001. Drame de Sam Mendes avec Tom Hanks, Paul Newman et Jude Law. - Parce que son fils a été témoin d'un terrible meurtre, un tueur au service de la mafia voit sa vie menacée par ceux qu'il a servis loyalement pendant des années.

BLOW : E.-U. 2001. Drame de moeurs de Ted Demme avec Johnny Depp, Penélope Cruz et Franka Potente.- En prison pour trafic de stupéfiants, un voyou fait la connaissance d’un détenu qui se vante d'être régulièrement en contact avec d'importants trafiquants colombiens dont Pablo Escobar.

24 HEURES AVANT LA NUIT (The 25th hour) : E.-U. 2002. Drame de Spike Lee avec Edward Norton, Philip Seymour Hoffman et Barry Pepper. – Les 24 dernières heures de liberté d’un trafiquant condamné à sept ans de prison qui va les mettre à profit pour se rapprocher des siens.

LA MENTALE : Fr. 2002. Drame de mœurs de Manuel Boursinhac avec Samy Naceri, Samuel Le Bihan et Clotilde Courau.- Après avoir purgé une peine de quatre ans derrière les barreaux, Dris, une petite frappe de banlieue, décide de se ranger auprès de Lise qu'il a rencontrée avant son emprisonnement mais Yanis, un vieil ami qui a pris de l'importance dans le milieu du crime, lui force la main et réussit à le faire plonger pour un ultime braquage...




Source : http://officecom.qc.ca


Remarque: N'hésitez pas à indiquer les titres manquants
# Posté le mercredi 17 août 2005 11:26
Modifié le vendredi 25 mai 2007 06:37

Les frères Guérini

Les frères Guérini
Antoine et Mémé Guérini : L'histoire des plus grands caïds français de tous les temps...



Une enfance vécue dans la pauvreté

Fils d'un bûcheron de Calenzana, Antoine et Barthélémy (dit « Mémé ») naissent dans la pauvreté. Leurs parents, Felix et Marie, n'ont pas les moyens de subvenir aux besoins d'une famille de huit enfants. Outre Barthélémy et Antoine, nés respectivement en 1908 et 1902, le foyer familial est composé de Toussainte, François, Pierre, Restitude, Pascal et Lucien. Durant toute leur enfance, Antoine et Barthélémy sont contraints de vivre dans une misère malheureusement si fréquente à l'époque sur l'île de beauté, une « terre de malheur » selon Mémé. Pour la combattre, ils gardent des chèvres où coupent du bois en rêvant de ce qui doit être leur paradis, à savoir le continent. Mémé ne tardera pas à le rejoindre. A 14 ans, bien qu'il ne maîtrise pas la langue française, Barthélémy embarque pour Marseille avant de prendre la direction de Bordeaux où il devient aide-infirmier. Il est pris en charge par Titi Colonna, ami de la famille et accessoirement figure du Milieu bordelais.

Antoine ne tardera pas à prendre le même chemin. C'est Nice qui aura ses faveurs, ville dans laquelle il deviendra barman. Un bon moyen de faire des rencontres. Il ne tardera pas à arrondir ses fins de mois au travers d'activités plus délictueuses. En effet, suivant les conseils d'un de ses oncles proxénètes, Antoine va rapidement se rendre à Marseille pour maquer ses premières filles. En 1928, déjà une dizaine de filles tapinaient pour son compte. Rejoint par son frère, il ne va pas tarder à acheter son premier établissement, le bar des Colonies, situé à la porte d'Aix. Pourtant, à cette époque le duo composé de Paul Carbone et de François Spirito tient Marseille. Peu importe. Les deux frères, en l'échange de quelques services, bénéficient de l'aval des tout premiers Parrains que le Milieu ait connu pour mener leurs activités. Exemple de services rendus, le racket en 1929 d'un niçois pour le compte du duo. C'est un ami du racketté, Carlo, qui leur a indiqué le coup. Il sera abattu le mois suivant.
Il faut bien avouer que les deux frères sont des durs. Toujours en 1929, Antoine hérite d'une maison de rendez-vous. La rumeur court qu'il aurait obtenu cet héritage en échange de l'assassinat d'un ex-amant encombrant de la propriétaire. Tous les moyens sont bons pour s'enrichir...


Le temps des premiers soutiens politiques

Ainsi, les Guérini ont pratiquement carte blanche, sous réserve toutefois de ne pas toucher à l'opium, au trafic d'armes ou aux machines à sous, gagne-pain de duo Italo-marseillais. Pourtant, les deux clans ont des opinions opposées. En effet, tradition familiale oblige, les Guérini sont membre de la SFIO et épaulent les candidats socialistes aux élections. Ils fournissent en effet des hommes au parti de Gauche de manière à assurer la bonne marche des campagnes électorales. Ces liens étroits avec la politique (les précurseurs en la matière ont été Carbone et Spirito, qui soutenaient de leur côté le parti de Droite), constituera la première étape décisive de leur règne. En effet, la prise de pouvoir des socialistes à Marseille au milieu des années 1930 va rapidement permettre aux Guérini de bénéficier d'entrées dans le monde politique et administratif, lesquelles leur permettront de faire embaucher dans les services municipaux quelques uns de leurs amis corses.

Progressivement, les deux frères vont étendre leur champs d'action. Jusqu'alors limité à quelques gagneuses placées ici et là sur le pavé marseillais, les nouveaux truands vont se lancer dans le racket, prenant de forces des parts dans les bars de la cité phocéenne. Ainsi, en assurant la protection de certains établissements, ils vont élargir considérablement leur sphère d'influence. En 1936, les voyous aux dents longues parviennent ainsi à prendre le contrôle de leur premier établissement huppé, le Bar de l'Etoile à Marseille. Suivront ensuite une collection de bars et de maisons closes. La famille Guérini se trouve alors mise à contribution. En effet, frères et soeurs vont rapidement débarquer à Marseille pour s'occuper des établissements des deux caïds. S'étendant petit à petit (Marseille, Salon-de-Provence, Toulouse, Alger, Oran), les Guérini commencent à inquiéter et surtout énerver François Spirito. Calme et serein (de façade tout du moins), son acolyte parvint à le raisonner : pas question d'une guerre ouverte, entre corse, on se sert les coudes !


La guerre : un tournant bien négocié

Puis vint la Guerre. Mobilisé en Corse, Antoine, officiellement marchand de liqueurs, va revenir s'installer à Marseille dès 1940 et acheter un cabaret luxueux dans lequel se côtoient les figures du mitan. La position des Guérini durant cette période noire se révélera être assez complexe. Alors que Mémé ne rechigne pas à se battre contre les allemands, au point de devenir un pilier de la Résistance, Antoine est lui un peu plus nuancé. Il n'hésite pas à accueillir la force obscure dans ces établissements et nouer quelques contacts avec des collabos. Après tout, du moment que le client paye, peu importe ces activités... Ainsi, le clan joue simultanément sur deux tableaux. Un bon moyen de préserver l'avenir. En effet , Hitler décidant de purifier Marseille (« le chancre de l'Europe » dixit l'intéressé) de ses voyous, bons nombre d'entre eux se retrouvent en prison en attente d'une exécution. Or c'est justement grâce à ses liens avec l'occupant qu'Antoine s'en sortira. Pour ce qui concerne Mémé (qui ne bénéficie pas des contacts de son frère), la situation semblait désespérée jusqu'à ce qu'une jeune femme, envoyée par une religieuse que le truand avait rencontré par le passé, ne parvienne à le faire libérer. Toutefois, cela ne lui aura pas empêcher un passage à tabac. Peu importe. Sain et sauf, il décide de retourner sur son île natale et de reprendre ses activités illicites, sans toutefois abandonner ses obligations de résistant pour autant.

Barthélémy va de nouveau échapper de très peu à la mort. Alors qu'il s'apprête à rejoindre son frère à Marseille en compagnie de sa fiancée, son bateau est accidentellement la cible de torpilles. Le bateau coule, une centaine de passagers se noient (dont la fiancée de Mémé), mais Mémé survit. L'homme semble être né sous une bonne étoile. Cela ne va d'ailleurs pas le refroidir. Plus motivé que jamais, désespéré par la disparition de sa fiancée, Barthélémy s'implique de plus en plus dans la résistance et se lance dans de véritables missions suicides. Un jour, apprenant qu'un traître a balancé une cache de résistants, causant ainsi la mort d'une trentaine de combattants, il se lance dans une expédition punitive. Le traître sera décapité, à vif, par Mémé en personne. Blessé à la jambe suite à une opération de sabotage, Barthélémy recevra la croix de guerre avec étoile d'argent. A la libération, il descendra la Canebière sur un char victorieux sous les clameurs de la foule. Pendant ce temps, son frère Antoine continue ses petits trafics. Suspecté de trafiquer les bons d'essence, il parviendra à s'en sortir sans dommage. Malgré des relations plus ou moins obscures, il est important de souligner qu'Antoine n'est pas un collabo. Loin de là. Pour preuve, des juifs et des résistants sont régulièrement cachés dans les caves de ses établissements.

Au niveau politique, les truands jouent également sur deux tableaux : Alors que Mémé soutient Gaston Deferre, qu�il a connu au travers de ses activités de résistant, Antoine, le plus « nerveux » des deux frères, est proche de Ferri-Pisani, le rival socialiste de Deferre. Une souplesse politique leur permettant d'être introduit partout quoi qu'il arrive et de s'assurer un règne d'une longévité certaine. Ils bénéficient en plus de la croix de guerre de Mémé, laquelle lui offre de nombreux avantages. Ainsi, après s'être constitué un joli pécule en tant que proxénète et gérants de bars durant les années 1930, lequel fut bonifié grâce au marché noir durant l'Occupation, les Guérini vont véritablement passer à la vitesse supérieure entre 1945 et 1950, des années qu'ils mettent à profit pour se constituer un empire jusque là jamais vu dans le Milieu.


Les nouveaux Parrains corses de Marseille

Le règne de Carbone et Spirito s'étant effondrés en même temps que le régime de Vichy (mort de Carbone le 16 décembre 1943, fuite de Spirito pour éviter l'épuration), la place est donc libre à la libération. Les Guérini ne vont alors pas tarder à devenir les nouveaux boss de Marseille, des Parrains qui vont allègrement dépasser leurs maîtres Carbone et Spirito, aussi bien en terme de richesse que d'influence. A croire que ces derniers avaient préparés le terrain pour les frères corses. Les Guérini ont en effet construit leur empire en usant des mêmes ficelles que leurs prédécesseurs, mais en les appliquant à la puissance dix.

Premier acte d'une montée en puissance, l'accord conclu avec le commissaire Robert Blémant (cf. article qui lui est consacré) en 1945 : En l'échange des quelques avantages (il se verra entre autre accorder la gestion de quelques établissements), le flic corrompu apporte aux deux frères l�ensemble des éléments leur permettant de chasser les anciens collabos. Le contrat rapporte gros : les Guérini se servent des dossiers du commissaire pour faire pression sur des tenanciers et font main basse sur un grand nombre d'établissements pour des prix dérisoires : Commerces, boîtes, hôtels, maisons de passes du Sud de la France tombent dans leur escarcelle. A la fin des années 1940, c'est avec Jo Renucci que les caïds se lient. L'objet de ce rapprochement ? Le trafic de cigarettes. Un trafic entre Tanger et la Corse (ainsi que la Côte d�azur) qui va rapporter des dizaines de millions de francs aux Renucci, Guérini, Luciano, Blémant, Francisci ou autre Venturi. Les deux frères peuvent flamber. Cadillac, meilleures tables, vacances luxueuses... rien ne leur échappe.

En 1947, la tension internationale se fait de plus en plus forte. L'influence communiste s'étendant de plus en plus, la menace devient palpable. Les Guérini se rangent alors délibérément dans le camp anti-communiste et n'hésitent pas à proposer au maire gaulliste de Marseille d'assurer sa protection. Une protection qu'il vont assurer en compagnie de Marcel Francisci. Cette offensive anticommuniste, menée conjointement par les Guérini en compagnie de la CIA et de Ferri-Pisani, est une réussite. Ferri-Pisani étant son véritable rival politique, Deferre voit d'un mauvais oeil le succès de cette offensive. Une victoire dans le lutte contre les communistes améliorerait considérablement l'image de Ferri-Pisani. Cet épisode prouve la finesse du clan Guérini : Quoiqu�il se passe entre les deux leaders socialistes, ils bénéficieront toujours d'un soutien. En effet, alors que Mémé reste proche de Deferre, Antoine, le chef de gang, soutient Ferri-Pisani. Un véritable numéro d'équilibriste. Par contre, lorsqu'ils sentent le vent tourner, ils n'hésitent pas à faire volte-face : en 1953, quand Deferre accède à la mairie de Marseille, les deux frères se mettent dans sa roue. Exit donc le battu Ferri-Pisani. Mais en bon stratèges, ils continuent à ne pas mettre leurs oeufs dans le même panier. La lutte anti-communiste leur ayant permis de nouer des liens avec les Gaullistes, pourquoi s'en priver� les contacts entre les caïds et le parti de droite restent donc d'actualité malgré le soutien au Maire socialiste.


Intouchables

A droite, à gauche, les Guérini sont partout. Ils deviennent très rapidement intouchables. D'autant plus intouchables qu'ils bénéficient d'un soutien policier : ils ont en effet derrière eux le ministre de l'intérieur Jules Moch, qui leur est reconnaissant d'avoir lutter contre les grévistes durant l'épisode de la Guerre Froide. L'argent, des soutiens infaillibles, les activités des Guérini explosent. Ils peuvent trafiquer en toute sécurité. Les filles se comptent par milliers (le clan gère, contrôle et approvisionne près de 250 établissements en France et en Afrique du Nord), la contrebande (cigarettes, piastres...) marche du feu de dieu et les trafics en tout genre rapportent des montagnes d'argent.

Au début des années 1950, les multicartes que sont les Guérini vont rajouter une corde à leur arc. C'est en effet à cette époque que la French Connection va prendre son véritable envol. Comme l'écrivent Follorou et Nouzille dans leur ouvrage « Les Parrains corses », les policiers français et américains sont persuadés de l'implication très précoce des Guérini dans le trafic de drogue. Alliés à Jo Renucci et à Lucky Luciano (le « capo di tutti capi »), ils sont suspecté d'avoir leurs propres laboratoires et de fournir les autres clans corses en opium et en héroïne. Les américains sont au courant de leurs activités de trafiquants de drogue mais, ne pouvant bénéficier d'un soutien français (la France ne prenait à cette époque pas le problème de la drogue avec sérieux), ils ne peuvent rien contre les deux frères. Après les cigarettes, voici donc le trio réuni autours de la poudre. Pour anecdote, selon sa fille (auteur du livre « La saga Guérini »), Mémé, au contraire d�Antoine, était totalement opposé à l'héroïne. Il faut dire que les caïds avaient fait la promesse à leur père de ne jamais toucher à la drogue. Toutefois, les réticences de Barthélémy ne dépasseront jamais le stade de vaines protestations.

D'avis différents, les deux frères ont également un caractère opposé. Tandis qu'Antoine à la réputation d'être implacable, calculateur, relativement austère et tourmenté, l'autre apparaît comme diplomate, gentil, joueur, souriant et affable. Mémé, grand, sec, cheveux gominés, aime flamber et côtoyer les personnalités (Delon, Tino Rossi...). Son caractère joyeux fait de lui une figure très appréciée du Milieu. Cela ne l'empêche pas d'être craint : l'homme n'apprécie guère qu'on lui manque de respect. Ces différences de tempérament constituent peut-être la force de ce clan mythique.

Riches, allure de businessman, les Guérini vivent comme des princes. Ils ont chacun leur Mercedes (bleu nuit avec ses initiales pour Antoine, blanche pour Mémé), l'un vit dans une somptueuse villa marseillaise, l'autre dans un luxueux appartement au centre ville de Marseille. On est alors au début des années 1960. Les deux hommes sont véritablement à leur apogée. Vénérés, considérés comme des bienfaiteurs, ils sont également craints et ne pointent jamais le bout de leur nez sans une armée de gardes du corps. On a bien ici affaire à des voyous respectables, connus dans toute la France, comme le furent en leur temps Carbone et Spirito. Hommes d'affaire, grands avocats, vedettes du show-biz, grands journalistes, personnalités politiques, magistrats, l'entregent des Guérini est impressionnant. C'est davantage Mémé (dont le caractère s'y prête particulièrement bien) qui prend en charge les « relations publiques » en recevant tout ce beau monde dans son Grand Hôtel Méditerranée sur le Vieux-Port ou dans ses boîtes de nuit. En parallèle, leurs avocats invitent les magistrats marseillais aux meilleures tables de la région. Bref, à force de services rendus, les Guérini obtiennent ce qu'ils veulent de qui ils veulent, y compris de la Police.

Toutes ces paillettes ne sont toutefois qu'une façade. L'envers du décor est beaucoup plus glauque. Les truands corses sont en effet suspectés de plusieurs affaires de meurtres. En 1945, un ami de la famille, en la personne de Toussaint Leca est descendu à Paris par René Jean, pour un motif futile (une réflexion un peu déplacée semble-t-il). Dix jours plus tard René Jean est retrouvé mort. Quatre ans plus tard, les Guérini sont mêlés à une autre affaire. Le 9 juillet 1949, l'un des meilleurs ami de Mémé, Mathieu Costa, est sauvagement poignardé à Paris dans un règlement de compte. Dans sa chambre d'hôpital, il donne le nom de son agresseur à ses amis : un certain Jeannot le Fou. Pauvre de lui... Le 1er août, Mémé le fait abattre. Moralité ? on ne touche pas aux amis des Guérini.


Les Guérini laissent filer Deferre

A cette époque, les deux caïds sont toujours derrière Gaston Deferre, alors Maire de Marseille. Bien que chacune soit utile à l'autre, les relations entre les deux parties restent tout de même ambiguës : Alors que Mémé (celui qui connaît le mieux Deferre) se méfie du machiavélisme du Maire, ce dernier est lui aussi méfiant vis-à-vis de Barthélémy, n'ose pas dévoiler au grand jour ses relations avec les Parrains et fait tout pour les cacher. L'homme politique est alors plein d'ambition, au point de vouloir défier De Gaulle aux présidentielles (un projet qui avortera en1965). Peur d'être trop exposés du fait d'une telle initiative politique, les Guérini s'éloignent alors du Maire socialiste pour se rapprocher des Gaullistes. Malgré tout, Mémé continue de le soutenir aux municipales de 1965 alors que de son côté Antoine soutient la liste Gaulliste. La tactique est maintenant bien rôdée. Mais cette fois, Gaston Deferre, finalement sorti vainqueur, n'est pas dupe : sentant s'être fait trahi par les Guérini, il leur vouera une rancune tenace et cherchera alors à les remplacer. Les Parrains viennent ainsi de perdre un soutien de poids. Premier véritable souci dans un règne jusqu'alors sans accroc.

Peu importe. Ils perçoivent des commissions sur les quelques 2000 prostituées de Marseille (selon « Les Parrains corses », tout proxénète désirant mettre une nouvelle fille sur le trottoir doit leur verser 3000 francs) , contrôlent des dizaines de boîtes et maisons closes, bénéficient des revenus de la contrebande de cigarettes et du trafic d'héroïne, ce n'est pas la perte d'un soutien qui va gripper la belle mécanique. Une mécanique qui marche tellement bien que les caïds peuvent se permettre de s'éloigner des opérations. Bénéficiant de la confiance de tout le Milieu, ils se contentent de gérer, gardent un oeil sur les finances. Bref, ils n'exécutent pratiquement plus (surtout Mémé, qui semblait alors s'éloigner un peu des affaires), mais contrôlent. Ce sont maintenant de véritable Parrains. Juge de paix, Mémé distille ses conseils auprès des autres voyous et arbitre les affaires des bandes rivales.

Faire office de juge de paix n'est toutefois pas de tout repos. Mémé l'a appris à ces dépends au début des années 1960. En effet, à cette époque, un de ses vieux amis, se sentant menacé par d'anciens associés, fait appel à lui pour une protection. Mémé accepte. Mal lui en a pris. Mêlé à l'affaire, il est inculpé pour « association ou entente en vue de commettre des infractions». Verdict ? trois ans avec sursis et 36000 francs d'amande. D'autant plus rageant que son ami va tout de même se faire assassiner quelques années plus tard...


Le jeu, un ami qui vous veut du mal

Les Guérini ne sont pas rassasiés. Cette fois, c'est vers le monde du jeu que les truands désirent se tourner. Il faut bien avouer que l'activité présente un double intérêt : Non seulement elle offre des bénéfices importants, mais en plus elle constitue une magnifique source de blanchiment. Pour entrer dans ce milieu, il compte s'appuyer sur leur lieutenant Robert Blémant qui dispose d'un entregent intéressant dans le monde des jeux. Dans un premier temps, les Guérini et Blémant s'associent à Jean-Baptiste Andréani. Truand notoire, celui-ci, associé, outre les Guérini et Blémant, à Gilbert Zénatti, Antoine Peretti et Marcel Francisci, investi sa fortune dans Le Grand Cercle, le plus huppé des clubs de la Capitale. Le Grand Cercle connaît alors un succès phénoménal. Rusé, Andréani se met alors en tête de devenir le seul maître à bord. Ses contacts lui permettent de faire interdire de jeu Zénatti en 1960. Dans la foulée, il parvient à évincer Peretti. Puis c'est le tour de Francisci, non satisfait de la faible participation qu'on lui accorde, qui décide de partir de son propre chef. Blémant se retrouve alors isolé contre le clan Guérini-Andréani. Il ne compte toutefois pas se laisser faire, ce qui va engendrer ce qu'on va appeler « la guerre des jeux », laquelle fera huit victimes, dont Robert Blémant, abattu le 4 mai 1965. Une mort qui va sonner le glas de l'empire Guérini.

Blémant était sans nul doute un homme de poids dans le Milieu. Pour preuve, en plus des figures habituelles du banditisme français, des caïds de certaines des plus grandes villes d'Europe viendront se recueillir devant sa dépouille. Et ceci, les Guérini ne l'ont peut être pas suffisamment pris en compte. Ce sont en effet eux qui ont donner le feu vert pour lancer l'exécution de leur ancien lieutenant. Enfin, Antoine tout du moins, car Mémé était totalement opposé à cette expédition punitive. « Si tu décides de faire ça, nous allons droit à la catastrophe » disait-il à a son frère (propos rapportés par M.C. Guérini dans « La Saga Guérini »). On pourra dire avec du recul qu'il avait bien évalué les conséquences d'une telle manoeuvre. Mais Antoine était décidé : Blémant devait disparaître. Il le suspectait de vouloir s'attaquer directement à son empire en se liant aux jeunes loups du mitan, telles que Gaétan Zampa.


L'empire s'écroule

Suite à cet assassinat, les Guérini, jusqu'alors respectés, admirés, soutenus par tous, deviennent les « hors-la-loi » du Milieu. On ne leur pardonne pas d'avoir fait appel à des tueurs à gage pour laver une querelle. Même leurs amis politiques les lâchent et se tournent vers d'autres pour assurer le bon déroulement de leurs campagnes. Pour les Guérini, l'affront est dur à avaler. D'autant qu'au même moment, les proches du commissaire lancent une vandetta. En février 1966, un lieutenant des Guérini est enlevé puis tué après un détour dans la cave du Bar des Trois Canards (voir article sur la bande des trois canards). Toujours en Février, c'est un des tueurs de Blémant qui est descendu tandis que le chauffeur de la voiture qui conduisaient les tireurs connaît le même sort en Espagne durant la même année.

Pendant ce temps, les Guérini sont de plus en plus anxieux. Antoine notamment. Il a de quoi l'être. Le 23 juin 1967, Antoine Guérini va faire le plein de sa Mercedes à Marseille, accompagné de son fils. C'est ce dernier, alors bientôt âgé de 18 ans, qui est le volant. Alors qu'Antoine ouvre la portière, une moto rouge s'approche et se gare tranquillement à proximité de la voiture. Le conducteur met pied à terre. Il n'est pas seul. Le passager fait de même. Muni de deux pistolets 11.43, le tueur tire à travers le pare-brise puis achève son chargeur sur la victime. Antoine n'a pas eut le temps de riposter. Il était alors âgé de 65 ans. On ne saura jamais qui a fait le coup. Certains parlent d'anciens proches de Blémant (Zampa ?), d'autres de proches de Francisci, avec qui Antoine a eut une grosse altercation peu de temps auparavant au sujet d'une histoire de Racket.

Les obsèques ont lieu de 27 juin 1967 dans le fief de la famille, le village de Calenzana. Plusieurs vols spéciaux sont affrétés pour permettre aux artistes, hommes politiques, figures du Milieu d'assister au cortège, qui se déroulera devant plus de 2000 personnes. Pendant l'enterrement d'Antoine, deux individus cambriolent la villa du défunt. Lorsqu'il apprend à qui il a réellement affaire, un des cambrioleurs part se réfugier en Espagne, non sans avoir subit un tabassage de la part des hommes de main des Guérini. L'autre n'en aura pas le temps est sera tué de huit balles dans le corps. Mémé, en compagnie de son frère Pascal et de deux gardes du corps, sont suspectés de l'avoir abattu après une promenade nocturne en Mercedes. Toujours est-il que le 4 août 1967, des policiers débarquent au Grand Hôtel Méditerranée pour arrêter Mémé, 59 ans, et cinq de ses complices. Les hommes sont écroués aux Baumettes. Cette fois, personne n'a pu sauver Mémé Guérini. Ses frères Pascal et François connaîtrons le même sort. Le second mourra en prison d'une crise cardiaque. C'est donc la fin du clan Guérini. Le 16 janvier 1970, Mémé est condamné à 20 ans de réclusion criminelle. Libéré pour raison de santé en 1978, il meurt d'un cancer le 1er mars 1982.

Le plus grand clan de l'histoire du Milieu s'est donc effondré de manière brutale après un règne d'une trentaine d'années. Les ultimes tentatives d'extension de leur empire, voulues par Antoine, leur ont été fatales. Aveuglé par la puissance qu'il dégageait, Antoine s'est probablement senti intouchable au point de se sentir capable de pénétrer dans un nouveau milieu (celui des jeux) loin de ses bases marseillaises et surtout sans alliés fidèles. Après le règne du duo Carbone et Spirito, les « créateurs » du Milieu, on peut véritablement dire que les Guérini ont fait passer ce Milieu, comme le disent si bien les auteurs des Parrains Corses, d'une logique d'artisanat agricole à une logique industrielle. Jamais jusqu'alors les trafics n'avaient pris de telles ampleurs, jamais autant d'établissements n'étaient entrés entre les mains d'un clan, jamais les prostituées taxées ne l'avaient été par milliers, jamais le jeu des alliances n'avait été aussi élaboré, jamais...


Article évoquant les éventuels liens entre l'assassinat de Kennedy et le clan Guérini >>>CLICK ICI
# Posté le lundi 01 août 2005 05:42
Modifié le vendredi 25 mai 2007 06:37

Trafic de stupéfiants : Des Parrains de la French Connection aux caïds des banlieues

Trafic de stupéfiants : Des Parrains de la French Connection aux caïds des banlieues
Dérivé di-acétylé de la morphine, l'héroïne a été synthétisée en 1874 par le chimiste allemand Dreiser. A partir de 1898, l'héroïne (qui doit son nom au fait qu'elle ait été considérée comme une substance extraordinaire au moment de sa découverte) est utilisée comme médicament pour ses propriétés analgésiques principalement dans les cas de tuberculoses incurables. C'est cet usage qui a fait d'abord la renommée de l'héroïne, mais on découvrira par la suite qu'elle permet aussi la désintoxication apparente des morphinomanes. En fait, une intoxication en remplace une autre et les morphinomanes deviennent rapidement des héroïnomanes endurcis, et l'héroïne supplante rapidement la morphine et la cocaïne. La première tentative de contrôle globale de la distribution de l'héroïne date de 1914 au Etats-Unis avec la loi Harrison sur les narcotiques. Il faut attendre 1925 pour voir les États-Unis d'Amérique interdire la fabrication, le trafic et la consommation d'héroïne. En 1931 plusieurs pays suivent cet exemple avec la signature de la convention sur les stupéfiants. En 1968, aux États-Unis, on estimait à 68 000 le nombre d'héroïnomanes.

L'héroïne ou chlorhydrate de diacétylmorphine est un alcaloïde de demi-synthèse obtenu à partir de la morphine par chauffage à reflux avec de l'anhydride acétique en milieu sulfurique. La fabrication illicite de ce produit est relativement facile et demande peu de matériel et uniquement quelques produits de base. Flacons, ballons, cuvettes, mixer, et pompe à vide sont les principaux ustensiles nécessaire. En ce qui concerne les produits chimiques, seul l'anhydride acétique, dont le commerce est surveillé, pose certains problèmes d'approvisionnement aux trafiquants. Les autres produits, acétone, acide sulfurique, ammoniaque et noir animal sont relativement faciles à se procurer. Faciles à installer, les laboratoires clandestins ne restent généralement en activité que peu de temps, et sont ensuite mis en sommeil pour quelque temps ou tout simplement déménagés.

L'héroïne était produite, jusqu'en 1970 environ, dans la région marseillaise et en Italie, où aboutissait la morphine base en provenance du Liban, de Syrie et d'autres pays du Moyen-Orient. Une fois transformée, la drogue était acheminée vers les États-Unis, soit à partir de la France, soit à partir de l'Italie et surtout de la Sicile ; une très faible quantité d'héroïne était consommée sur place, en France ou en Italie. Depuis 1970, une part croissante de la production clandestine d'héroïne est écoulée en Europe, où le nombre des intoxiqués a généralement quintuplé. Aux États-Unis, on estime le nombre global des héroïnomanes voisin de 300 000 individus, la plupart de sexe masculin.

Le travail acharné de nombreux policiers français ou étrangers, et une collaboration très étroite avec la DRUG ENFORCEMENT ADMINISTRATION (DEA) des États-Unis permettait de démanteler les réseaux français. L'héroïne la plus pure du monde, "la marseillaise", disparaissait alors du marché clandestin. En effet, Pendant de nombreuses années, la France a eu le (triste) privilège de posséder les meilleurs chimistes qui pouvaient fabriquer une héroïne excessivement pure dépassant largement les 90 % de pureté. Ces chimistes faisaient alors partie de ces réseaux français de trafiquants internationaux qu'on appelait la filière française ou French Connection (voir les articles consacrés à Joseph Césari et à la French Connection).

Etait-ce à dire que le problème des drogues en France était terminé ? Certes non, car ce eut été sans compter avec l'acharnement des trafiquants de tous poils et de tous horizons. Effectivement, dès la fin de l'année 1974, le premier "passeur" chinois était interpellé à l'aéroport de Paris, porteur de quelques kilogrammes d'une autre qualité d'héroïne, l'héroïne n° 3 ou "brown sugar". La filière asiatique était née. Elle n'a cessé de croître depuis des années, malgré des coups de filets remarquables réalisés tant en France qu'en Asie, aux Pays-Bas et en Allemagne. Cette filière chinoise est arrivée à ce moment là presque seule sur le marché laissé libre par une French Connection disparue.

Aujourd'hui, le trafic d'héroïne n'est plus l'activité phare du Milieu. Cela ne veut pas dire que le trafic de stupéfiant à disparu du sol français. La cocaïne et le cannabis ont simplement supplanté l'héroïne. On parle même depuis quelque temps d'une résurgence des réseaux dits internationaux implantés sur notre territoire. M. Gérard Peuch, commissaire divisionnaire, chef de la brigade des stupéfiants à la direction de la police judiciaire de la préfecture de police, a ainsi expliqué à la commission d'enquête qu'il était possible de distinguer quatre types de réseaux sur Paris, parmi lesquels il a cité, en premier lieu, les réseaux dits internationaux, « essentiellement à structure mafieuse, qui sont redoutables, puissants et riches et qui ont des ramifications dans toute l'Europe. C'est le prototype des cartels de Medelin, c'est-à-dire des réseaux colombiens, boliviens et péruviens. Il faut savoir qu'à l'heure actuelle ces réseaux font une offensive énorme sur la France, nous en avons des exemples tous les jours. Je vous rappelle qu'au mois de novembre dernier [2004], nous avons, à notre grand étonnement, démantelé un laboratoire de fabrication de cocaïne en plein Paris, dans le 13e arrondissement. Depuis la French Connection des années 70, cela ne nous était pas encore arrivé. Je ne vous cache pas que, dans un certain sens, nous étions très fiers de notre victoire mais je vous avoue aussi que, depuis, je me pose énormément de questions. Certes, nous en avons trouvé un, mais était-ce le seul ? »

De même, M. Bernard Petit, chef de l'OCRTIS, a expliqué à la commission d'enquête que le trafic de cocaïne faisait aujourd'hui en France l'objet d'un intérêt particulier de la part de puissantes organisations criminelles appartenant au grand banditisme français : « Nous avons, ça et là, des enquêtes qui démontrent très clairement que des gens qui appartiennent au grand banditisme et qui ont donc des activités traditionnelles dans le monde de la criminalité (proxénétisme, jeu clandestin, contrefaçon de documents, trafics de voitures, etc.) sont hautement intéressés par le trafic de cocaïne dans notre pays et investissent des sommes importantes pour importer de grands lots de cocaïne qu'ils revendent en France et dans les pays étrangers (...) on parle de centaines de kilo et même de tonnes et non pas de petites importations de 400 ou 500 grammes aux aéroports. Nous en sommes à ce stade et nous avons en face de nous des organisations criminelles qui sont les nôtres : celles du banditisme français ».

Ainsi, le marché est aujourd'hui très porteur et son économie pérenne, car ayant réussi à satisfaire la demande par l'offre. Les évolutions de ce marché se situent en fait au niveau des envies des consommateurs. La cocaïne autrefois réservée aux élites tombe en pluie continue sur la capitale grâce à des prix toujours plus attractifs. De 150 euros au début des années 90, un gramme de coke se trouve aujourd'hui pour 30 euros. Les nez poudrés ne sont plus uniquement les privilégiés aux billets plus verts que les chewing gum Hollywood. Mais le changement des produits a entraîné une restructuration de l'industrie de la drogue. Celle-ci provient à présent d'Amérique du Sud ou d'Europe de l'est et arrive en France par l'Espagne ou les Pays-bas. Les gros bonnets opèrent depuis l'Espagne, pays qui présente essentiellement 2 avantages, géographique et juridique. Géographique pour son ouverture à la façade atlantique, tournée vers l'Amérique du Sud et le Maroc. Juridique car les truands savent qu'il vaut mieux prendre huit de prison en Espagne pour trafic que trente ans en France.

D'autres part, de nouvelles techniques, maintenant éprouvées, sont apparues ses dernière années. Parmi celles-ci, le « go fast » est particulièrement utilisé par les trafiquants de la capitale : généralement quatre berlines de luxe se rendent à l'étranger (l'Espagne pour le cannabis et la cocaïne, la Hollande pour l'ecstasy et l'héroïne) en file indienne ou presque tout au long du trajet. Au retour, alors que le convoi file à très haute vitesse, la première et la dernière voitures sont vides, elles servent de leurres pour les véhicules du milieu dont les coffres sont pleins à craquer de plusieurs centaines de kilos embarqués. Pratiquement impossible pour la police de stopper le convoi : appuyer à fond sur l'accélérateur de la Ford Mondeo réglementaire ne mène rarement bien loin. Certes l'entreprise est assez risquée, car si prise il y a, les pertes engendrées s'avèrent très importantes mais c'est un risque auxquels beaucoup n'hésitent pas à s'exposer. Une fois dans les cités, la drogue est revendue en quelques jours, permettant aux vendeurs de reconstituer leur trésorerie en un temps record. Bonus :1500 euros par kilo de cannabis. De quoi nourrir les appétits, les premiers règlements de comptes sont là pour en témoigner. «Ces bandes sont organisées de manière souple », raconte un magistrat en poste en région parisienne. « Elles ont intégré tous les principes de l'économie de marché, mais aussi ceux de la guerre moderne, ce qui rend beaucoup trop dangereuses les tentatives d'infiltration. »

Ainsi, le trafic des années 2000 est avant tout celui des banlieues où une économie souterraine et florissante qui, par un classique système de circulation-redistribution, fait vivre beaucoup de monde. Les trafiquants des cités remplacent désormais les parrains de la French Connection. Les petits dealers se mettrent à leur compte et partent régulièrement en Espagne et en Hollande pour s'approvisionner en cocaïne et cannabis. Les policiers éprouvent les plus grandes difficultés du monde pour infiltrer ces réseaux de petits caïds tant l'omerta règne en maître dans les cités. L'un des policiers de la brigade des stups de Marseille avoue : « Nous ne saisissons probablement que 10% des stupéfiants qui circulent sur le marché. Nous vidons une piscine avec une petite cuillère ».

Même si nous l'avons peu évoquer, le cannabis pèse de tout son poids sur le marché de la drogue. Avec près de 6 millions de consommateurs en France, le cannabis est de loin la drogue la plus « populaire ». Le seul département des Hauts-de-Seine absorberait chaque semaine à lui tout seul 1 tonne de cannabis (3 t. Pour toute l'Ile-de-France). « Ce pactole a favorisé l'émergence d'une mafia à la française, avec ses territoires protégés et ses familles, qui sont le plus souvent la cellule de base du trafic», commente un magistrat. La manne est, par ailleurs, inépuisable, la production de cannabis ne cessant d'augmenter au Maroc, principal fournisseur, avec plus de 100000 ha officiellement cultivés près du double en réalité, avec deux ou trois récoltes par an.

Mais le trafic de stups a également garder son attrait aux yeux des anciennes gloires du Milieu. Il n'est pas rare de voir des figures du trafic d'héroïne d'hier tomber aujourd'hui pour trafic de cocaïne ou de cannabis. Ce fut le cas notamment du Dr André Bousquet, qui fut pédiatre de 1973 à 1978, chimiste de la "French sicilian connection" en 1980, bénéficiaire en 2001 d'une libération conditionnelle après plus de 20 ans de prison, qui a rechuté, à 58 ans, impliqué à nouveau dans un trafic international de cocaïne démantelé à Marseille à la fin de l'année 2003. Il s'agissait d'un vaste trafic entre la Colombie et la France, via les Antilles. Surpris en 1980 en train de raffiner de la morphine base dans un laboratoire clandestin en Sicile aux côtés d'un chef de la mafia Gerlando Alberti, il avait été condamné à 16 ans de réclusion criminelle en 1984 par la cour d'appel de Palerme. La cour d'appel d'Aix-en-Provence lui avait déjà en 1983 infligé 18 ans de prison pour des faits similaires. Après plus de vingt ans passés en prison, Bousquet, qui était libérable en 2008, avait obtenu une libération conditionnelle en juin 2001, affirmant vouloir mener une vie de famille tranquille et ayant bénéficié d'une promesse d'embauche d'une société informatique. En compagnie du Docteur est également tombé William Perrin, 73 ans, gros bonnet de la French, qui s'était illustré dans les années 1970 aux côtés des plus grands trafiquants d'héroïne. Mis en examen à Marseille et écroué, William Perrin, déjà condamné à 18 ans de prison en 1992, était un spécialiste du transport de l'héroïne par des voiliers de plaisance qui naviguaient entre la Thaïlande et les Antilles. Il avait été accusé d'avoir écoulé 260 kilos d'héroïne sur le marché américain et quelque 30 kilos sur le marché français. Ce fut le cas également de Laurent Fiocconi, proche de Francis Le Belge, qui fut interpellé avec un de ses lieutenants présumés en Balagne en Haute-Corse où il était revenu après plusieurs années passées en Amérique latine. Il aurait formé un réseau d'importation de cocaïne dont 323 kilogrammes ont été saisis à Nice au début des années 2000. La drogue, produite en Colombie, était embarquée en Equateur dans un conteneur censé transporter de la vaisselle. Après plusieurs étapes, la cargaison était débarquée à Marseille avant d'être acheminée à Nice où elle était entreposée.

Ainsi, il existe encore en France comme un parfum de French Connection. Un parfum que ressentent encore les autorités françaises et américaines. Les policiers français connaissent les règles de la traque : s'ils sont plus ou moins maître du jeu dans l'Hexagone, ils sont au dehors, le plus souvent tributaires du bon vouloir des Etats-Unis. La puissante Drug Enforcement Administration (DEA), le service antidrogue, donne le signal de la guerre au sommet lors - qu'elle le décide, ou plutôt lorsque les intérêts de l'Amérique le nécessitent. C'est elle qui désigne les coupables, elle qui détecte les navires suspects et les hommes à abattre. Toujours sous le contrôle de la Maison Blanche et de la CIA, qui ont des alliés à protéger et des choix diplomatiques à consolider. Basée à KeyWest, en Floride, une task force, forte de 350 militaires et policiers, surveille la mer des Caraïbes; un lieutenant colonel de la gendarmerie française assure la liaison avec un agent de la police installé en Martinique et avec Paris; deux navires militaires européens croisent dans les parages, un français et un néerlandais. De quoi entraîner les Européens dans une militarisation croissante de la lutte contre les stupéfiants, loin de la culture civile de la police française. De quoi décourager les trafiquants colombiens d'emprunter la voie maritime pour pénétrer aux Etats-Unis... et les inciter à se tourner vers la France.
# Posté le vendredi 08 juillet 2005 16:53
Modifié le vendredi 25 mai 2007 06:37